Guide de l’observateur d’oiseaux : Explorez l’abondante vie aviaire du parc national du lac Skadar

Guide de l’observateur d’oiseaux : Explorez l’abondante vie aviaire du parc national du lac Skadar

Le paradis des ornithologues au parc national du lac Skadar

Ce lac est un refuge pour la vie aviaire, abritant une incroyable 280 espèces d'oiseaux différentes. Oui, la moitié de toutes les espèces d'oiseaux trouvées en Europe peuvent être observées ici. Cette incroyable diversité est due à la géographie unique du lac Skadar et à ses écosystèmes préservés et intacts. Nous pouvons dire avec fierté que c'est l'un des endroits les plus vibrants pour l'observation des oiseaux que vous trouverez n'importe où.

Parmi ces 280 espèces, 73 nichent réellement au lac Skadar. Pendant les migrations d'automne et de printemps, 18 espèces font régulièrement escale ici - pensez-y comme leur salon de voyage préféré. En hiver, 45 espèces s'installent comme des invités réguliers, tandis que 12 passent leurs étés au lac sans nicher. Et puis, 90 espèces sont plus imprévisibles, passant par là quand l'envie leur prend.

Ce qui est vraiment fascinant, c'est que pour 90 % de ces oiseaux, le lac Skadar est un lien vital entre les coins les plus éloignés du monde, reliant des endroits aussi éloignés que la Sibérie et l'Afrique. Il est remarquable de penser que notre petit coin des Balkans joue un rôle si important dans la migration mondiale de tant d'oiseaux.

En tant que zone humide d'eau douce, le lac Skadar est essentiel pour les oiseaux aquatiques, qui ne sont pas seulement magnifiques à observer, mais jouent également un rôle crucial dans l'écosystème. Ils se situent au sommet de la chaîne alimentaire, aidant à maintenir l'équilibre dans tout l'écosystème.

Pour moi, et pour tous ceux qui visitent, le lac Skadar n'est pas seulement une belle destination, mais une partie vraiment essentielle de notre monde naturel.
Dans ce guide :
  1. Pélicans (Pelecanidae)
  2. Martin-pêcheur (Alcedo atthis)
  3. Grèbes (Podicipedidae)
  4. Cormorans (Phalacrocoracidae)
  5. Hérons et butors (Ardeidae)
  6. Ibis et spatules (Threskiornithidae)
  7. Cygnes, oies et canards (Anatidae)
  8. Râles, marouettes et foulques (Rallidae)
  9. Busard des roseaux
  10. Sternes (Sternidae)

Pélicans (Pelecanidae)

Le pélican frisé se trouve principalement au lac Skadar, l'un des rares endroits où cette espèce peut être observée. Bien qu'il s'agisse d'une espèce de nidification essentielle, sa population dans cette région reste relativement petite. Cependant, la bonne nouvelle est que ses effectifs se sont maintenus au fil du temps grâce à des conditions naturelles favorables qui soutiennent sa survie.

Pélican frisé

Laissez-moi vous présenter l'un de mes résidents préférés du lac Skadar, le pélican frisé. Si vous en avez déjà vu un de près, vous savez qu'ils sont vraiment impressionnants ! Ce sont de grands oiseaux aquatiques, avec un plumage blanc éclatant qui scintille parfois d'une teinte bleu-gris au soleil.

Leur caractéristique la plus frappante est ce bec énorme, qui peut atteindre environ un demi-mètre de long. Et juste en dessous, il y a une poche de peau élastique, le filet de pêche naturel de la nature et, lors des journées chaudes, un climatiseur intégré ! Ils attrapent les poissons avec, et c'est aussi ainsi qu'ils nourrissent leurs petits.


Une photographie en gros plan d'un pélican frisé flottant sur l'eau, mettant en valeur son plumage blanc argenté caractéristique, ses plumes bouclées sur la nuque et son grand bec pâle avec une poche jaune. L'oiseau est vu de côté sur un fond flou d'eau bleue.
Pélican frisé flottant sur l'eau au parc national du lac Skadar.

Maintenant, malgré leur taille massive, les pélicans frisés sont étonnamment légers. Leurs corps sont remplis d'air, ce qui signifie qu'ils flottent facilement et ne peuvent pas plonger profondément comme certains autres oiseaux. C'est pourquoi vous ne les verrez chasser qu'à la surface de l'eau.

Voici où le travail d'équipe entre en jeu : les cormorans, qui sont des plongeurs experts, s'associent souvent avec les pélicans. Les cormorans plongent et rassemblent les poissons à la surface, formant un demi-cercle, afin que les pélicans puissent les attraper facilement. C'est un véritable effort d'équipe, la version naturelle d'une coopérative de pêche !


Une photographie de profil d'un pélican frisé debout sur une bûche sombre et mousseuse au bord de l'eau. L'oiseau présente un plumage blanc argenté, un long bec orange-jaune et ses plumes bouclées caractéristiques sur l'arrière de sa tête. L'arrière-plan montre une étendue d'eau calme et bleue reflétant une lumière douce.
Le pélican frisé (Pelecanus crispus), la plus grande espèce de pélican au monde, est facilement identifiable grâce à ses élégantes plumes blanches argentées et sa crête "désordonnée" bouclée.

Et laissez-moi vous dire, les pélicans ont un appétit impressionnant. Chacun peut manger plus d'un kilogramme de poisson par jour et peut avaler des poissons mesurant jusqu'à 45 centimètres de long.

Fin janvier, ils se rassemblent dans la baie de Hum, située dans la réserve ornithologique Pančevo oko sur le lac Skadar, où ils trouvent les meilleurs sites de nidification. Avant de s'accoupler, ils se livrent à des parades nuptiales. Les mâles font tout un spectacle pour impressionner les femelles, et une fois qu'un couple se forme, ils restent ensemble pour la vie. Pendant cette période, la poche de la femelle choisie devient d'un orange brillant, la rendant encore plus remarquable parmi la foule.

Martin-pêcheur (Alcedo atthis)

Le Martin-pêcheur est le symbole de notre entreprise pour une raison : c'est un oiseau qui ne passe pas inaperçu au lac Skadar, ses plumes aux couleurs vives le distinguent de tous les autres oiseaux. Orné de parties supérieures bleu irisé, d'une poitrine orange éclatante et de teintes verdâtres sur ses ailes, la coloration du Martin-pêcheur le distingue de toutes les autres espèces aviaires de la région.


Une photographie de profil latéral d'un martin-pêcheur commun perché sur un roseau fin et diagonal. L'oiseau présente des plumes turquoise iridescentes vibrantes sur la tête et les ailes, une poitrine d'un orange brûlé riche, et un long bec noir pointu avec une touche d'orange à la base. L'arrière-plan est un mélange doux et flou de feuillages verts et bruns.
Un magnifique martin-pêcheur commun (Alcedo atthis) exhibe son plumage brillant tout en gardant un œil attentif sur l'eau du lac Skadar à la recherche de son prochain repas.

Son corps compact se caractérise par une queue courte et carrée ainsi qu’un long bec en forme de dague, des traits qui facilitent son identification même à distance. Le martin-pêcheur commun (Alcedo atthis) est résident toute l’année du lac Skadar, bien que ses effectifs puissent fluctuer selon les saisons et les conditions environnementales.

Ces oiseaux sont particulièrement prudents et préfèrent nicher dans des endroits dissimulés, tels que des berges en terre ou une végétation dense, où ils creusent des terriers pour protéger leur progéniture. Les observateurs peuvent apercevoir des martins-pêcheurs perchés immobiles sur des branches surplombantes, scrutant l’eau en dessous, ou assister à leur remarquable technique de chasse : ils planent un instant en battant rapidement des ailes avant de plonger tête la première dans le lac pour saisir leur proie.


Un vibrant martin-pêcheur commun avec des parties supérieures bleu turquoise éclatant et un dessous orange riche, perché sur une branche entourée de végétation naturelle des berges de rivière.
Le martin-pêcheur commun est une "balle bleue" saisissante que l'on voit souvent filer à toute vitesse au-dessus des eaux du lac Skadar.

Podicipedidae : Grèbes

Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est une espèce courante au lac Skadar. Le grèbe castagneux (T. ruficollis) est beaucoup plus abondant et également résident du lac. De nombreux grèbes à cou noir (P. nigricollis) peuvent être observés au lac en hiver. Les grèbes à cou rouge (P. grisegena) et les grèbes esclavons (P. auritus) sont moins fréquents mais visitent occasionnellement le lac durant l’hiver.

Grèbe huppé

Si vous explorez le lac Skadar et apercevez un oiseau à la tête fine et au bec pointu, vous avez probablement trouvé le grèbe huppé. L’une des premières choses que vous remarquerez est la ligne sombre qui part de son œil, séparant nettement son visage blanc et lui donnant un air très distingué. Et si vous cherchez sa queue, ne clignez pas des yeux, elle est si courte, composée de quelques plumes seulement, qu’elle est facile à manquer !

Les mâles grèbes huppés sont particulièrement remarquables pendant la saison de reproduction, exhibant leurs aigrettes autour du cou, tandis que celles des femelles sont beaucoup moins visibles. Leurs plumes sont épaisses et bien huilées, ce qui non seulement leur donne un aspect élégant mais les aide aussi à glisser aisément sur l’eau.


Un gros plan de profil d’un grèbe huppé flottant sur une eau calme et ondulée. L’oiseau présente un cou blanc élégant, un long bec pointu, et sa crête noire ainsi que ses plumes châtain-orange sur les joues en plumage nuptial complet.
Un élégant grèbe huppé exhibant ses plumes de tête frappantes tout en glissant sur l’eau. Connu pour ses danses nuptiales élaborées et ses compétences de plongeur expert, cet oiseau aquatique est un spectacle apprécié des ornithologues dans les zones humides comme le lac Skadar.

Un de mes spectacles préférés au lac est d’observer les parents grèbes avec leurs poussins. Les deux parents sont très impliqués, se relayant pour nourrir et abriter leurs petits. Quand vient le moment de se séparer, chaque parent prend la moitié des poussins. Voilà un vrai travail d’équipe !

Les pattes du grèbe sont placées tout au bout de son corps volumineux, ce qui peut sembler un peu maladroit sur terre, mais c’est parfait pour son mode de vie. Cette configuration unique lui permet de se tenir au bord de ses nids flottants, de nager aisément et de plonger avec une grande habileté. Son plumage éclatant et sa crête impressionnante sont particulièrement remarquables pendant la saison des amours.

Grèbe castagneux

Si vous apercevez un petit grèbe glissant silencieusement sur un lac, il y a de fortes chances que ce soit un grèbe castagneux, le plus petit membre de sa famille. Cet oiseau charmant attire l’œil par son corps rond et dodu, son cou court et trapu, et son petit bec qui convient parfaitement à sa silhouette délicate. Pendant les mois d’été, ses plumes prennent une teinte riche et plus foncée, mais à la saison des amours, observez bien car les plumes de son cou s’éclaircissent, lui donnant un aspect doux, presque lumineux.


Un gros plan de profil latéral d’un petit grèbe castagneux (dabchick) flottant sur une eau calme et verte. L’oiseau a un plumage brun clair, une calotte sombre, et un bec court, pointu, jaune avec une pointe noire. Son reflet est clairement visible dans l’eau ondulée en dessous.
Un grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) en plumage non nuptial, montrant son arrière caractéristique en forme de "bouffée de poudre" et son regard vif et concentré.

Les grèbes castagneux sont des résidents assez timides des lacs, se cachant souvent juste sous la protection d’une végétation dense. Vous ne les verrez peut-être pas s’aventurer loin en eau libre, sauf vers la fin de l’été, quand ils quittent leur cachette et se rassemblent en grands groupes animés. C’est un changement fascinant, car ces petits oiseaux se réunissent en nombre après avoir passé une grande partie de l’année à l’abri dans leur refuge feuillu.

Leur présence n’est pas toujours constante cependant. Le nombre de grèbes castagneux peut augmenter ou diminuer d’une année à l’autre, créant un flux naturel dans leurs populations qui tient les ornithologues en haleine.

Phalacrocoracidae : Cormorans

L’espèce d’oiseau la plus commune dans la région est le cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmaeus). Une autre espèce qui vit ici toute l’année mais est moins fréquente est le grand cormoran (P. carbo). En hiver, le nombre de cormorans augmente avec l’arrivée d’oiseaux migrateurs venus du nord. L’espèce la plus rare dans la région est le cormoran huppé (P. aristotelis), que l’on trouve généralement sur les côtes rocheuses du sud du lac.

Grand cormoran

Laissez-moi vous présenter l’un des résidents remarquables que vous pourriez apercevoir autour du lac Skadar, le grand cormoran. À première vue, cet oiseau semble presque entièrement noir, mais si vous regardez de plus près, vous remarquerez que son corps supérieur est recouvert d’un plumage brun verdâtre huileux qui scintille d’un éclat métallique, lui donnant une texture écailleuse fascinante. Son cou, orné d’une touche de jaune vif, contraste vivement avec ses plumes plus sombres. Le voir voler est un spectacle gracieux : avec des battements d’ailes lents et délibérés, ces oiseaux voyagent souvent en chaînes ordonnées, glissant ensemble comme en parfaite harmonie.


Un grand cormoran perché sur une branche au lac Skadar, Monténégro, avec ses ailes entièrement déployées pour sécher au soleil. L’oiseau a des plumes sombres et iridescentes, un long cou, et un bec crochu avec une tache jaune à la base.
Contrairement à la plupart des oiseaux aquatiques, les cormorans n’ont pas de plumes totalement imperméables, ce qui les oblige à s’exposer ailes déployées pour sécher après la pêche.

Malgré leur taille et poids impressionnants, les grands cormorans ont une élégance subtile. Au lac Skadar, ils ont trouvé un foyer confortable dans une réserve ornithologique protégée, où une colonie animée prospère. Il est intéressant de savoir que pendant des années, les pêcheurs locaux les considéraient comme des concurrents et tentaient de les chasser, ce qui a fait diminuer leur nombre. Mais la nature en a décidé autrement !

L’environnement du lac s’est avéré idéal pour ces oiseaux, et aujourd’hui, environ 1 500 couples y nichent confortablement. Quand l’hiver arrive, la scène devient encore plus spectaculaire car des groupes venus du froid nordique rejoignent les locaux, faisant gonfler leur nombre à plusieurs dizaines de milliers. Grâce au suivi des oiseaux bagués, nous savons que ces visiteurs hivernaux viennent des régions les plus reculées du nord de l’Europe, un véritable miracle de migration saisonnière.

La vie du grand cormoran est un effort d’équipe, surtout lorsqu’il s’agit d’élever les poussins. Les deux parents participent activement, se partageant la tâche de nourrir leurs petits. Voir les poussins recevoir leur repas est un spectacle impressionnant ; ils plongent profondément leur tête dans la gorge de leurs parents pour être nourris. Lorsqu’ils plongent, ils le font tête la première, s’enfonçant dans l’eau avec une précision remarquable.

Cormoran pygmée

Le cormoran pygmée est un oiseau vraiment spécial, non seulement parce qu’il est rare et menacé, mais aussi parce qu’il se fond souvent parfaitement dans les colonies d’autres oiseaux aquatiques, rendant sa présence une agréable surprise pour les observateurs attentifs. Ils sont si importants qu’ils figurent à la fois dans les Livres rouges mondial et régional, les désignant comme des espèces nécessitant notre soin et protection. Et ici, au lac Skadar, vous trouverez l’une des plus grandes et des plus vitales colonies de cormorans pygmées, avec environ 1 500 couples nicheurs qui font de cet endroit leur foyer.


Un cormoran pygmée perché sur une branche en bois usée au lac Skadar, Monténégro. L’oiseau est tourné vers la droite, montrant ses plumes sombres et texturées ainsi qu’un bec court et épais. Il est entouré de roseaux verts vibrants dans un environnement humide baigné de soleil.
Connus pour leur longue queue et leur taille relativement petite, les cormorans pygmées sont une vue commune et appréciée des ornithologues explorant les écosystèmes diversifiés des parcs nationaux du Monténégro.

En observant ces oiseaux charmants, vous remarquerez que les mâles et les femelles sont presque des images miroir l’un de l’autre. Ils ont des têtes et des cous courts et soignés, associés à une longue queue qui attire vraiment l’attention lorsqu’ils prennent leur envol, s’éventant dans une démonstration gracieuse. Leur plumage est principalement sombre, leur donnant une silhouette élégante, mais leur tête arbore une teinte chocolat chaud qui ajoute une touche douce de couleur à leur apparence.


Un cormoran pygmée perché sur une bûche usée et mousseuse au-dessus d’un plan d’eau. L’oiseau est montré de profil, présentant son plumage sombre et élégant, sa tête chocolat caractéristique, et un bec court et crochu. L’arrière-plan est composé d’une végétation floue et d’une eau scintillante.
Un cormoran pygmée se repose sur une bûche au lac Skadar, exhibant sa tête chocolat distinctive et sa silhouette élégante.

Les cormorans pygmées sont de véritables créatures sociales, nichant ensemble en colonies très soudées, ce qui rend leur observation d’autant plus gratifiante. Au lac Skadar, leur plus grande colonie prospère, créant une communauté animée où vous pourriez voir ces oiseaux glisser doucement sur l’eau, plonger avec habileté à la recherche de nourriture, ou perchés sur des branches sèches avec les ailes largement déployées pour sécher et profiter du soleil.

Ardeidae : Hérons et blongios

À l’échelle mondiale, les hérons sont une espèce menacée en raison de la destruction de leur habitat, des perturbations des nids, de la chasse et de leur sensibilité à la pollution de l’eau. L’espèce de héron la plus commune et la plus grande dans cette région est le héron cendré (Ardea cinerea), avec environ 100 couples nichant au lac Skadar. Le héron pourpré (A. purpurea) est également abondant, nichant dans des massifs de roseaux denses et d’autres végétations humides difficiles d’accès.

Le petit héron (Egretta garzetta) et le blongios nain (Ardeola ralloides) ont des populations importantes, avec des sites de reproduction encore non localisés au lac Skadar. Le grand héron blanc (Egretta alba) est l’espèce la plus menacée au niveau mondial. Le blongios (Botaurus stellaris), qui habite les marais denses du lac, est relativement rare. En revanche, le blongios nain (Ixobrychus minutus) est beaucoup plus abondant. Le héron bihoreau (Nycticorax nycticorax) est commun lors des migrations printanières.

Héron bihoreau

Le blongios nain est l’un des visiteurs les plus mystérieux du lac Skadar. Ces oiseaux ont un regard captivant difficile à oublier : imaginez un bec noir élégant, une touffe blanche frappante qui se dresse comme une petite couronne, et de grands yeux rouges brillants parfaitement adaptés à leur mode de vie nocturne. Leur dos est d’un noir profond, contrastant magnifiquement avec des ailes gris doux, tandis que leurs courtes pattes jaunâtres dépassent juste assez pour soutenir leurs mouvements calmes et gracieux.


Un blongios strié avec une couronne noire et des ailes gris-bleu perché sur une branche d’arbre.
Un blongios nain, commun au lac Skadar, attend patiemment sa proie parmi les mangroves.

Les blongios nains sont des invités d’été ici, arrivant généralement vers mars et restant jusqu’en septembre. La plupart d’entre eux effectuent un long voyage vers l’Afrique tropicale pour l’hiver, bien que quelques âmes courageuses choisissent de rester plus près, en Méditerranée. Mais pendant leur séjour au lac Skadar, les apercevoir se nourrir au crépuscule, c’est comme jeter un coup d’œil dans un monde caché, une performance silencieuse et ombragée qui ajoute une touche de magie aux nuits d’été du lac.

Grande aigrette

La grande aigrette est un oiseau vraiment élégant et rare, avec une histoire à la fois belle et douloureuse. Ces créatures gracieuses, avec leurs plumes blanches immaculées et leurs formes élancées, ont autrefois traversé une période sombre de l’histoire. À la fin du XIXe siècle, elles étaient chassées sans relâche pour leurs magnifiques plumages, qui ornaient les chapeaux de la noblesse européenne. Imaginez ces plumes délicates, autrefois symboles de mode et de statut, acquises à un prix si élevé.

Malheureusement, la population de la grande aigrette ne s’est jamais vraiment remise de cette période difficile. Mais voici la partie pleine d’espoir : ces dernières années, une surveillance attentive a révélé une augmentation lente mais encourageante de leur nombre de nidification. C’est comme si ces oiseaux reprenaient silencieusement leur place dans le ciel, nous rappelant la résilience et la promesse de nouveaux départs. Apercevoir une grande aigrette aujourd’hui, c’est être témoin d’un morceau d’histoire vivante, scintillant de grâce et de force.


Une grande aigrette au plumage blanc et au long bec jaune se tient parmi des feuilles d’automne brunes et un feuillage vert.
La majestueuse grande aigrette se détache sur les couleurs vives de l’automne dans les marais du lac Skadar.

Imaginez la grande aigrette planant gracieusement dans le ciel, ses longues ailes larges s’étirant comme de délicates voiles captant le vent. En glissant, vous remarquerez ses pattes qui traînent derrière comme des rubans élégants, ajoutant à sa beauté sans effort. L’aigrette replie sa tête et son cou près de son corps, créant une silhouette élégante et profilée contre le ciel.

Ses plumes sont d’un blanc pur éblouissant, une caractéristique essentielle puisqu’elle passe une grande partie de sa journée active à patauger dans les eaux scintillantes. Ce blanc éclatant ne se contente pas d’être magnifique, il aide aussi l’aigrette à se fondre dans les reflets lumineux et à rester vigilante lors de la chasse.


Une grande aigrette au plumage blanc et au bec jaune se tient alerte parmi de grands roseaux verts dans une zone humide.
Une grande aigrette traque sa proie dans les eaux peu profondes de la zone humide.

Bien que les grandes aigrettes nichent souvent en colonies animées, elles préfèrent en réalité les moments plus calmes, choisissant de rester seules ou de se rassembler en petits groupes intimes.

Therskiornitidae : Ibis et spatules

La spatule blanche (Platalea leucorodia) et l’ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) sont considérés comme des espèces rares et menacées, protégées dans toute l’Europe. Lors de leurs migrations, un nombre limité des deux espèces peut être observé au lac Skadar.


Un ibis falcinelle vu de profil debout dans une zone humide parmi des plantes aquatiques vertes. L’oiseau a un bec long distinctif incurvé vers le bas et un plumage sombre qui scintille avec des reflets irisés de violet profond, vert et bronze.
Un ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) cherchant sa nourriture dans son habitat naturel de zone humide au parc national du lac Skadar. Ces oiseaux échassiers sont connus pour leurs plumes iridescentes frappantes, qui paraissent presque noires de loin mais révèlent des couleurs vibrantes lorsqu’elles captent la lumière.

Anatidae : Cygnes, oies et canards

Quarante-sept espèces en Europe composent cette grande famille. Beaucoup de ces espèces sont migratrices, donc en plus des espèces autochtones, elles viennent au lac Skadar pour passer l’hiver. Bien qu’elles soient des visiteurs rares, toutes ces espèces d’oiseaux aquatiques sont protégées, y compris la tadorne de Belon (Tadorna tadorna), qui hiverne en petit nombre et de façon irrégulière au lac Skadar.


Tadorne de Belon (Tadorna tadorna)
Tadorne de Belon (Tadorna tadorna) par Sergey Pisarevskiy, CC BY-NC-SA 2.0

Le nettar (Netta rufina) est un visiteur hivernal régulier, mais en petit nombre. Les fuligules milouin (Mellanitta fusca) et fuligules morillon (Mellanitta nigra) sont également rares et peu abondants durant l’hivernage. Les hareldes kakawi (Clangula hyemalis) sont aussi des visiteurs hivernaux irréguliers.


Profil d’un nettar mâle à la tête orange vif et au bec rouge corail.
Le mâle nettar est facilement identifiable par sa crête orange distinctive en forme de « pinceau à raser » et son bec rouge frappant. Commun dans les zones humides d’eau douce, ces canards plongeurs se rassemblent souvent en grands groupes durant l’hiver.

Harle couronné (Mergus merganser), harle huppé (Mergus serrator) et garrot à œil d’or (Mergus albellus) sont des plongeurs appartenant à cette famille. Ces trois espèces hivernent régulièrement au lac Skadar, mais leurs populations diminuent et sont menacées, bien qu’elles n’aient pas de rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre de l’écosystème.


Un harle huppé mâle et femelle (également appelé harle couronné) nageant ensemble dans une eau bleue ondulée. Le mâle au premier plan a une tête vert foncé iridescente frappante, un corps blanc avec des accents noirs, et un long bec rouge fin. La femelle derrière lui présente un corps gris, une tête rouge cannelle huppée, et une tache blanche sur la gorge.
Un couple de harles huppés (Mergus merganser) glisse sur un lac, montrant le plumage nuptial distinct du mâle et de la femelle.
Par Bengt Nyman - Flickr : IMG_2093, CC BY 2.0, Lien

Rallidae : Râles, talèves et foulques

Foulques (Fulica atra) et talèves (Gallinula chloropus) sont des résidents abondants. La râle d’eau (Rallus aquaticus) est aussi commune lors des migrations, mais les observations de râle des genêts (Crex crex) au lac Skadar ne sont pas fiables. Les marouettes ponctuées (Porzana porzana) et les petites marouettes (Porzana parva) sont également peu nombreuses – la marouette ponctuée niche au lac Skadar.


Un profil latéral d’une foulque macroule sombre se tenant sur une patte sur un rebord en béton à côté d’un plan d’eau. L’oiseau a un bec blanc distinctif et un bouclier frontal, un œil rouge, et de grands pieds gris avec des doigts lobés.
Une foulque macroule (Fulica atra), montrant le bouclier frontal blanc distinctif et les doigts lobés qui caractérisent ce râle aquatique. Contrairement aux canards aux pattes palmées, les foulques possèdent de larges lobes indépendants sur leurs doigts qui se replient à chaque pas pour faciliter la marche sur terre tout en fournissant une puissante propulsion lors de la plongée pour les plantes aquatiques.

Busard des roseaux

Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) est un oiseau rare et menacé qui niche dans les vastes et denses roselières du lac Skadar. Son habitat naturel lui offre un environnement sûr et adapté pour prospérer.


Un busard des roseaux occidental (rapace) plane avec les ailes entièrement déployées contre un ciel bleu clair et vibrant. L’oiseau a un plumage brun chocolat foncé avec une couronne et une gorge crème contrastantes, caractéristiques d’une femelle ou d’un juvénile.
Une femelle busard des roseaux occidental (Circus aeruginosus) montrant son envergure impressionnante en glissant dans un ciel clair.

Sternidae : Sternes

Le lac abrite des nids fréquents et nombreux de sterne pierregarin (Sterna hirundo) et de sterne hansel (Chlidonias hybrida). Les petites sternes (Sterna albifrons) visitent souvent le lac. Lors des migrations de printemps au lac Skadar, les sterne noire (Chlidonias niger) et sterne hansel à ailes blanches (Chlidonias leucopterus) sont couramment observées.


Une sterne hansel adulte en plumage nuptial se tient dans une eau peu profonde et marécageuse. L’oiseau a une calotte noire distincte, des joues blanches, un corps gris foncé, et un bec et des pattes rouges vifs. Son reflet est clairement visible dans l’eau calme parmi des touffes de végétation aquatique verte et brune.
Une sterne hansel adulte (Chlidonias hybrida) exhibant son plumage nuptial frappant, caractérisé par une calotte noire, un visage blanc contrasté « moustachu », et un bec rouge profond.